🏛️ Procès de Bobigny
Aujourd’hui, retour sur le procès de Bobigny, un tournant majeur dans la lutte pour le droit des femmes à disposer pleinement de leur corps.
🤰 A l’automne 1971, Marie-Claire Chevalier, une jeune adolescente de 16 ans, avorte suite à un vi*l. Sa mère, Michelle Chevalier, l’aide dans sa démarche malgré la législation en vigueur, sanctionnant pénalement l’interruption, volontaire de grossesse (IVG). Dénoncée par son agresseur, la jeune femme est alors inculpée pour avortement illégal, en vertu de l’article 317 du Code pénal. Sa mère, l’avorteuse et les deux amies intermédiaires sont également poursuivies pour complicité et acte illégal.
👩⚖️ Michelle Chevalier se tourne alors vers Gisèle Halimi, jeune avocate au barreau de Paris, connue pour ses combats. Sensible à leur cause, elle accepte immédiatement en répondant : “Je vous défendrai. Mais ça va être difficile. Il vous faudra du courage et de la détermination.”
✍️ Gisèle Halimi fait de ce procès un véritable combat politique en faveur de la légalisation de l’avortement. Elle écrit le célèbre “manifeste des 343” du nombre des femmes signataires affirmant publiquement avoir déjà avorté malgré la loi du 31 juillet 1920 pénalisant cet acte.
🏛️ Le 11 octobre 1972, l’affaire est scindée en deux. Marie-Claire Chevalier comparaît seule, à huis clos, devant le tribunal pour enfants de Bobigny. À l’extérieur, les associations engagées tel que “Choisir” ou “Mouvement de Libération Féminine” hurlent leur colère. Cette histoire divisait les avis, car les femmes aisées pouvaient se payer l’avortement dans des pays européens limitrophes tandis que les femmes de milieux modestes n’avaient d’autre choix que de recourir à l’avortement clandestin.
📜 La jeune plaignante est finalement relaxée, le tribunal estimant qu’elle avait une cause légitime d’irresponsabilité, considérant qu’elle avait “souffert de contrainte d’ordre moral auxquelles elle n’avait pas pu résister.”
📢 Le 8 novembre 1972, l’audience devient publique pour les personnes majeures impliquées dans cette affaire. Le tribunal de Bobigny voit défiler de nombreuses personnalités, médecins et autres témoins, qui prennent position en faveur de la jeune femme et de ses complices. Face à l’afflux de personnes souhaitant suivre le procès, une sonorisation des débats est retransmise à l’extérieur du tribunal.
🔨 Michelle Chevalier est condamnée à une amende de 500 francs avec sursis. Ses deux complices, ayant reconnu leur aide auprès de Marie-Claire Chevalier sont relaxées. Celle qui l’aida à pratiquer l’acte est quant à elle condamné à un an de prison avec sursis.
L’écho du procès de Bobigny de 1972, parvient jusqu’à l’Assemblée nationale, où, après le long combat de Simone Veil, l’interruption volontaire de grossesse est finalement dépénalisée le 17 janvier 1975.
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📸 ©️Getty - Michel Artault
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